En 1986, Günter WALRAFF publie «Tête de turc», il raconte dans ce livre sa descente aux enfers, les brimades reçues, les conditions de travail épouvantables que subissent les travailleurs turcs immigrés en Allemagne.
En février 2010, Florence AUBENAS publie « Quai de Ouistreham », elle raconte comment on vit "aujourd'hui en France" avec un revenu "inférieur au Smic - voire pas de revenu du tout". De cette France niée et ignorée, elle rapporte le récit d'une «femme de ménage» en soulignant non seulement le dur labeur mais la vulnérabilité de la condition précaire. Florence AUBENAS, six mois après, redevient la journaliste réputée et admirée de beaucoup ; qu'advient-il de ses anciennes collègues du «Ferry d'Ouistreham» ? Plus grave encore, va-t-on assister - comme pour les travailleurs turcs en Allemagne - à une complaisante empathie pour l'exploit d'une journaliste et oublier trop vite ce qu'elle dénonce, la chappe de plomb sur les travailleurs précaires ?