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Création d'entreprise

Hausse de 12,5 % en 2007

Depuis 2002, la création d'entreprise a été fortement encouragée et de fait, le nombre de création n'a cessé d'augmenter, notamment parmi les demandeurs d'emploi. Face à un marché du travail toujours plus déstructuré, les institutions ont tendance à inciter les chômeurs à créer leur propre emploi, pour le meilleur... et pour le pire ?
 
D'après l'APCE (Agence pour la création d'entreprise), avec une hausse de 12,5 % du nombre de créations au regard de l'année précédente, l'année 2007 atteint un nombre record de 321 478 créations d'entreprises. Elle poursuit ainsi une tendance à la hausse amorcée dès 2003 : sur ces cinq dernières années, leur nombre s'est accru de 50 %. La création a notamment bénéficié des nouvelles mesures mises en place dans le cadre de la loi pour l'initiative économique (2003) dont le but est de favoriser la création, le développement et la transmission d'entreprise.


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Les demandeurs d'emploi sollicités

La forte croissance observée depuis 2003 résulte également d'une augmentation importante de demandeurs d'emploi créateurs. Selon les chiffres de la Dares (Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques), le nombre de créateurs bénéficiaires de l'Accre (aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d'une entreprise) s'est accru de 229 % entre 2002 et 2007.
 
Toutefois, l'engouement pour la création d'entreprise sur cette période concerne l'ensemble des catégories de la population active (salariés, demandeurs d'emploi, inactifs...) qui ont toutes participées à la croissance observée depuis 2003, bien que dans des proportions différentes. Par ailleurs, la part des entreprises employant des salariés au démarrage de l'activité n'a cessé de diminuer au fil des années : elles étaient 25 % en 1993, 17 % en 2002 et 13 % en 2007. Cet indicateur montre la volonté de plus en plus affirmée par les créateurs d'assurer avant tout leur propre emploi.


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L'envers du décor

Derrière ces chiffres a priori encourageant, se cache une réalité moins reluisante. D'après le Registre du Commerce et des Sociétés, plus de la moitié des défaillances de sociétés concernent des jeunes entreprises (53 % sont âgées de moins de 5 ans). A dix ans, un tiers des entreprises seulement sont encore en activité. La création d'entreprise, n'est donc pas une garantie d'emploi. Créer c'est prendre un risque. Ce taux d'échec à moyen terme s'explique par plusieurs facteurs : le manque de financement et les difficultés à obtenir des prêts, la méconnaissance des formalités et de la gestion d'entreprise, les difficultés à trouver un lieu d'implantation, la méconnaissance du marché, etc. Les demandeurs d'emploi, à l'évidence, n'ont pas toutes les cartes en main pour créer leur entreprise. Il ne suffit pas d'avoir des idées, encore faut-il savoir et pouvoir les concrétiser. Si l'individu est « responsable » de son destin, les gens sont plus ou moins armés pour y faire face, car « pour s'adapter, il faut avoir des compétences, des ressources, un ensemble de capitaux culturels », pour reprendre les mots du sociologue Robert Castel (1). De même, sans apport financier, quel banquier vous prêtera de l'argent ?
 
En outre, dans un contexte économique morose, caractérisé par un chômage massif et un pouvoir d'achat en berne, quelles sont les marges de manœuvres des créateurs d'entreprises ? Comment développer de nouveaux marchés (et donc des clients) alors même que les consommateurs sont pris à la gorge par la hausse de loyers, du carburant et de l'alimentation ?
 
Les incitations à la création d'entreprise, via notamment l'EPCE (Évaluation Préalable à la Création d'Entreprise), dispositif mis en place par l'ANPE, tendent à faire croire aux chômeurs que la création d'entreprise est une voie de secours, en l'absence d'offres d'emplois valables et suffisantes. Hors, entreprendre ne doit pas être vécu comme une contrainte ou par défaut, mais comme l'aboutissement d'un projet professionnel mûrement réfléchi. D'une manière générale, un candidat à la création bien accompagné et bien financé aura plus de chance de réussir.


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Tenter sa chance ?

Si la création d'activité n'est pas le remède miracle pour retrouver un emploi, n'écartez pas cette hypothèse si un projet vous tient à cœur ! Même en cas d'échec, vous aurez acquis une expérience positive et valorisable dans votre recherche d'emploi. Aussi, il existe des avantages à créer son propre emploi : vous êtes indépendant, devez rendre de compte à personne sinon à vous-même et vous vous épanouissez dans une activité que vous avez choisi. Mais pour réussir, il faut être patient et mettre toutes les chances de votre côté afin de prendre le moins de risque possible. Pour cela des organismes et des associations sont là pour vous aidez et vous accompagnez. N'hésitez pas à faire appel à eux !


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