13-03-2009
Relations sociales : attention DANGER !
Que celui ou celle qui n'a pas entendu parler ou n'a pas lu que nous vivions une époque de "crise" en 2009 se réveille sur le champ ! Cette "crise" devient même l'excuse officielle pour aggraver un fléau qui gangrène l'économie de notre pays, le chômage. L'handicap, que nous connaissions de source physique ou mentale, devient aussi social. Qui que vous soyez, vous connaissez ou êtes parent d'un "handicapé social", appelé plus communément "chômeur" ; je préfère de très loin parler "d'actif avec ou sans emploi" en y englobant évidemment toutes ces formes d'handicaps qui n'en laissent pas moins augurer de compétences. Tout un chacun est une personne humaine avec des compétences... utilisées ou en désir de l'être.
Personne humaine ? A en juger les différentes situations que je vais évoquer, il semblerait que nous dérivions vers des relations sociales aux senteurs de condescendance humiliante et tout à fait inappropriée.
Ainsi cet ami, ancien cadre supérieur pour la première fois sans emploi, qui me racontait sa première visite au PÔLE EMPLOI de sa commune : la personne à l'accueil le connaissant du temps de sa splendeur et visiblement disciple des "clichés de l'habillement" se précipite vers lui pour lui éviter l'attente due à sa quatrième place dans la file ; devant sa gêne et son désir d'éviter tout passe-droit, elle croit sûrement bien faire, en comprenant sa méprise, de reprendre un ton sec pour lui dire qu'il n'est pas au « bon » (sic !) endroit. Pour une première inscription, "c'est au PÔLE EMPLOI-ASSEDIC - qu'il faut s'inscrire ». Elle lui précise néanmoins que « là-bas » il aura « la chance » de pouvoir être reçu par un conseiller PÔLE EMPLOI-ANPE".
Par la suite, j'ai été profondément désolé lorsque cette femme m'a appelé pour m'expliquer l'affront qu'elle avait subi lors d'un entretien de recrutement. Candidate à un poste "d'emploi service auprès de personnes âgées" par l'intermédiaire d'une association de notoriété nationale, elle a d'abord eu la joie d'être reçu un vendredi en entretien et d'entendre le président local de ladite association lui signifier son embauche. Quelle ne fût sa surprise lorsqu'il l'a appelée le lundi suivant pour lui annoncer qu'elle n'était plus recrutée. Il faudra mon intervention pour apprendre que le dimanche ce septuagénaire bien pensant, lors de l'office dominical, eu l'idée saugrenue de parler de son dernier recrutement à la "dame patronnesse" du village. Devant la déferlante de ragots il fait le choix malheureux d'y accorder crédit : "Selon que vous soyez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir".
Plus récemment, je fus témoin d'un comportement des plus stupides qu'il soit. En un lieu centralisateur où bon nombre d'actifs avec ou sans emploi se croisent, PÔLE EMPLOI, le téléphone de l'accueil sonne alors que la personne répondait à mes questions. Elle décroche et répond irritée...qu'elle ne répondra pas car "le seul numéro à la disposition des demandeurs d'emploi est le 3949 !". La malheureuse veut me prendre à témoin du culot de son interlocuteur à appeler le numéro local au lieu "d'obéir aux règles fixées" ; j'ai beau lui susurrer de demander le nom du référent Pôle emploi de l'appelant et de le lui passer, elle termine par cette conclusion sans appel : "je comprends le surcoût que cela vous fait et j'en suis désolée. Faites une réclamation à la direction mais je vous demande de respecter l'ordre qui vous ait donné d'appeler le 3949 ! Au revoir."
N'allez pas croire que j'en veuille aux salariés de cette fusion qu'est PÔLE EMPLOI. Il en est qui sont cohérents avec leur professionnalisme et leur conscience, soit ils récusent ce "marketing commercial onéreux", soit ils le cautionnent sans état d'âme.
Tous ces "extraits de vie" démontrent un véritable danger d'explosion sociale. A l'heure où j'écris, il y a déjà eu dans ma région, Poitou Charente, deux agressions par des demandeurs d'emploi. Les médias vont traiter cela en fait divers alors que gronde un ras-le-bol d'une population de plus en plus majoritaire, les précaires. Je note une dérive dangereuse à ne considérer toute personne handicapée socialement comme une "sous-classe sociale". Cela n'excuse en rien les agressions citées plus haut.
Nous sommes tous coupables de ce manque d'humanité et de respect entre personnes égales en droit et en devoir. D'abord en ayant toléré aussi longtemps, que l'emploi devienne un "pouvoir", donnant l'illusion à ceux par qui il passe d'une quelconque grandeur. Ensuite pour accepter tacitement d'être divisés pour que règnent : les privilèges, la survie du plus fort et la honte des faibles.
Un danger social est à notre porte, allons nous subir ou réagir ?